Reconstruction
Construire un avenir solide pour Haïti à travers des approches durables, inclusives et ancrées dans les réalités locales.
Conditions préalables
La reconstruction d'Haïti est un sujet traité depuis des décennies par des gouvernements, des bailleurs de fonds internationaux et des organisations humanitaires. Elle est aussi, régulièrement, un échec documenté. Comprendre pourquoi les tentatives passées ont échoué est une condition préalable à toute stratégie crédible pour l'avenir.
Après le séisme du 12 janvier 2010, qui a tué plus de 200 000 personnes, déplacé 1,5 million de personnes et détruit une partie significative des infrastructures nationales, la communauté internationale a mobilisé des milliards de dollars d'aide. Les promesses faites lors de la conférence de donateurs de New York (mars 2010) s'élevaient à plus de 11 milliards de dollars sur dix ans. Moins de 40 % de cette somme a effectivement été décaissée. L'essentiel des fonds décaissés est passé par des ONG et des contractants étrangers plutôt que par l'État haïtien, empêchant ainsi tout renforcement des capacités institutionnelles nationales.
Les camps de déplacés ont subsisté pendant des années. La reconstruction du centre-ville de Port-au-Prince, qui représente une part considérable du patrimoine architectural haïtien, a avancé lentement. Des quartiers entiers continuent de porter les stigmates du séisme. Le choléra introduit par les casques bleus en octobre 2010 a ajouté 10 000 morts supplémentaires à ce bilan déjà catastrophique.
Approches locales
Une reconstruction authentiquement durable ne peut pas être conçue depuis Washington, Paris ou New York et livrée en Haïti comme un produit fini. Les expériences les plus concluantes en matière de reconstruction post-catastrophe dans le monde montrent que les projets qui durent sont ceux qui mobilisent les savoirs locaux, impliquent les communautés dans les décisions qui les concernent et s'appuient sur les structures sociales existantes plutôt que de les court-circuiter.
Cela implique d'investir dans la formation de cadres haïtiens, de soutenir les institutions académiques et de recherche nationales, de revaloriser les savoirs agricoles traditionnels adaptés aux conditions climatiques locales, et d'associer les organisations de la société civile haïtienne aux mécanismes de redevabilité. La diaspora, forte de ses compétences professionnelles et de sa connaissance intime de la société haïtienne, constitue un réservoir de compétences insuffisamment mobilisé dans des rôles de conception et de direction, et trop souvent réduit à son seul rôle de remettant de fonds.